1760 Gaston Brosseau, historien

Notre devoir de mémoire nous oblige a présenté les faits. Présenté la vérité sur ce que l'on se doit de présenter : l’histoire nationale du peuple québécois.

1760 Gaston Brosseau, historien

Messagepar admin sur 16 Mai 2008 15:34

Conférence présentée dans le cadre de la commémoration du 247e anniversaire de la victoire française de Sainte-Foy le 29 avril 2007 par Gaston Brosseau.


Je vous remercie de votre présence à  cette commémoration de la victoire française de Sainte-Foy sous le commandement du Chevalier de Lévis le 28 avril 1760,

Je vous entretiendrai brièvement du Chevalier François-Gaston de Lévis, du Fort Jacques-Cartier et de la Victoire de Sainte-Foy.


J´ai l´honneur de représenter aujourd´hui la Société d´histoire de Sainte-Foy ainsi que la Corporation pour la sauvegarde et la mise en valeur du Fort Jacques-Cartier. La Corporation a collaboré avec plusieurs sociétés locales afin de faire connaître l´histoire glorieuse de notre pays.


La Société d'histoire de Sainte-Foy est heureuse d'être associée à  cette célébration. D'une part, par son importance pour notre communauté, plus particulièrement en ce qui concerne l'église historique Notre-Dame-de-Foy, et, d'autre part, par l'importance que revêt cette bataille dans l'histoire de notre peuple.

Le chevalier de Lévis

Le chevalier de Lévis naquit le 23 août 1720 au château d´Ajac près de Limours, dans le Languedoc. Cadet de la famille, à  l´âge de quatorze ans, le chevalier portait l´épée dans le régiment de la marine. Ses glorieux antécédents déterminèrent le comte d´Argenson à  le désigner comme commandant en second, sous le Marquis de Montcalm en Nouvelle-France. Colonel depuis 1746, chevalier de Saint-Louis en 1748, il fut fait brigadier en 1756.


En 1759, M. de Lévis était créé maréchal de camp. Le 28 mai 1759, il vint à  Québec pour servir à  sa défense. Il dut partir le 9 août 1759 au soir avec M. de La Pause et M. Le Mercier. pour commander en chef sur les frontières du gouvernement de Montréal. Il rejoignit alors le gouverneur à  Montréal.

Au décès de Montcalm, de Lévis devint lieutenant-général, avec nomination officielle en 1761.

Il arriva à  Québec le 17 septembre 1759, remonta le moral des troupes et s´avança vers Québec, jusqu´au moment où il apprit la capitulation.

Après la défaite des troupes françaises sur les Plaines d´Abraham, en septembre 1759, il fut forcé d´arrêter ce mouvement offensif, il se replia au fort Jacques-Cartier localisé sur un promontoire à  l´ouest de la rivière Jacques-Cartier et y resta jusqu´au 10 novembre.

Après y avoir établi, le major Dumas pour l´hiver, il lui ordonnait de construire un fort de campagne, ce fort français fut érigé dans la localité de Cap-Santé pour loger une partie de l´armée française durant l´hiver 1759-1760 et servit de point de ralliement au mois d´avril 1760 pour descendre à  Québec et livrer la bataille de Sainte-Foy le 28 avril 1760.


Pour le chevalier de Lévis, la défaite des Plaines d´Abraham ne signifie pas la fin de la Nouvelle-France.

Il prépare la contre-attaque, convaincu que la métropole, le printemps venu, enverra les secours nécessaires.

Il conçut et mûrit le projet de reprendre Québec durant l´hiver de 1759,
M. de Lévis organisa à  Montréal, en accord avec le gouverneur de Vaudreuil, la revanche de la défaite et de la mort de Montcalm.

Il caressait l´espoir que le Roi et son Conseil n´abandonneraient jamais la colonie et lui enverraient de puissants secours. Sa persuasion se communiqua aux soldats réguliers et aux troupes de la milice.

Avril 1760 marque le moment choisi par les Français pour attaquer Québec. Au début du mois, Lévis « rappelle l'armée sous les drapeaux ».

Les préparatifs une fois terminés, il charge M. de Bougainville de la défense de l´Est, le capitaine Pouchot de l´Ouest et se réserve avec Bourlamaque un retour offensif sur la Capitale, à  la tête d´un effectif d´environ 6 900 hommes.

Il compte sur la bonne volonté des miliciens canadiens, soit environ 3 000 hommes qui viendront se joindre aux 4 200 soldats réguliers. Le commandant en chef exhorte ses officiers à  traiter les miliciens moins durement.

Dès les 14 et 15 avril, un corps de cavalerie composé d'environ 200 hommes se met en route pour le fort Jacques-Cartier. L'évêque de Québec émet un mandement demandant des prières publiques pour le succès de la campagne qui commence.

Lévis activa ses préparatifs et ses troupes s´ébranlent le 20 avril. L'armée s'embarque sur des bateaux que Bigot a fait construire au cours de l´hiver. Lévis y va de ses dernières recommandations car les miliciens n'ont de la nourriture que pour huit jours.

Malgré les glaces, l'armée réussit à  se regrouper à  Pointe-aux-Trembles les 24 et 25 avril. Les uns descendent par eau, de Montréal à  la Pointe-aux-Trembles, où les autres les rejoignent le 25. L'armée française campe à  proximité du village de Pointe-aux-Trembles, soit dans ce qui est actuellement la municipalité de Neuville et donc en bas du plateau sur lequel se trouvent les hauteurs de Sainte-Foy.

Il débarqua le 26 avril à  Saint-Augustin et atteignit Sainte-Foy, Il est alors résolu, note le chevalier de La Pause, « qu'on se rapprocherait jusqu'à  Saint-Augustin par eau, où l´on débarquerait et, après avoir tiré les bateaux à  terre, on se mettrait en marche pour aller jeter des ponts vers le haut de la rivière de Cap-Rouge, d'où l'on entrerait dans la paroisse de la vieille Lorette et, après, passant un marais appelé la Suette, on irait attaquer le poste que les Anglais avaient à  l'église de Sainte-Foy qu'ils avaient retranchée avec du canon et les troupes qui gardaient cette hauteur ».

La troupe française qui avait évité l'embouchure de la rivière du Cap-Rouge était passée par Lorette avec tout son appareil pour surprendre les Anglais, elle dut franchir les marécages et faire l'ascension du versant nord de Sainte-Foy, ce qui se fit laborieusement et laissa "la Suette" comme nom au trajet parcouru.

Les avant-postes des Anglais étaient au Cap-Rouge, à  Sainte-Foy et à  l'Ancienne-Lorette. En effet, depuis le 11 novembre 1759, des soldats anglais campent dans les églises de Sainte-Foy et de Lorette pour mieux contrôler « les avenues vers Québec », maintenir la population en paix et empêcher une attaque surprise contre la ville.

L'armée britannique occupe ce plateau qui n'est guère accessible que par la côte de la Suète. Des soldats peuvent facilement s'y embusquer et tirer vers le bas. Une armée qui s'approcherait de la côte de la Suète offre une cible d'autant plus évidente qu'à  cet endroit, la route traverse un marais et qu'il n'y a guère d'arbres qui cachent la vue.

La nuit du 26 avril, l´avant-garde française se met en mouvement, commandée par M. de Bourlamaque, et marche vers la Vieille-Lorette pour atteindre les hauteurs de Sainte-Foy, en traversant les marais de la Suette. Ni le tonnerre, ni la pluie d´orage, ne ralentissent la marche des soldats, qui prennent possession des maisons. Lévis arriva de la Pointe aux Trembles sur ces entrefaites ; le soir, ils étaient sous les hauteurs de Sainte-Foy à  cheval, sur la route de la Suette. Ils montèrent pendant la nuit sur le chemin Sainte-Foy, à  l'ouest de l'avant-poste.

Là , un bois d´une demi-lieue sépare l´avant-garde des troupes ennemies. Elle le franchit le matin, et se trouve en vue des Anglais à  200 toises du coteau. Par une marche de flanc, elle s´établit sur la route de Sainte-Foy.

Le 27 avril, le général James Murray qui commande l'armée britannique, avait appris que le Chevalier de Lévis s'approche de Québec à  la tête de l´armée française qui compte un peu plus de 7 000 hommes, sur la foi de ce renseignement le général Murray se rendit sur les lieux, fit évacuer le poste du Cap-Rouge et pressé par l'ennemi, fit amasser les munitions dans l´église de Sainte-Foy et il ordonne aux soldats qui occupent l'église Notre-Dame-de-Foy d'abandonner cette position et d´y mettre le feu au milieu de la fusillade et de quelques coups de canon, tout le matériel, à  l'exception de quelques pièces de campagne qui passèrent aux mains de l'ennemi.

Murray retraita vers Québec malgré les escarmouches avec son arrière-garde, un temps affreux et des chemins impraticables. Quatre milles le séparaient du moulin de Dumont ; il y laissa un fort détachement avec ordre de tenir bon jusqu'à  la nuit.

Le corps des troupes françaises défile par la droite, en silence. Mais Murray a le temps de retirer ses troupes du Cap-Rouge avant d´être coupées par les deux ailes françaises. Le chevalier de Lévis commença l´attaque sur son arrière-garde jusqu´à  la demeure et le moulin de Dumont, sis à  une demi-lieue des remparts de Québec. Les hommes que Murray y posta, pour la nuit du 26, allèrent se retrancher sur les Buttes-à  Neveu.

Le 28 avril, après trois heures d´un dur combat et la débandade des régiments anglais vers la citadelle, la bataille était gagnée.

Dans l´engagement, l'armée anglaise a perdu 259 hommes et 829 furent blessés. Quant aux troupes de Lévis leurs pertes sont légèrement moins élevées : 193 tués ou morts de leurs blessures et 640 blessés.

M. de Lévis victorieux commença immédiatement le siège de la Capitale. Le 11 mai, son artillerie ouvrit le feu contre les remparts.

Quelques jours plus tard en mai 1760, les premiers navires à  jeter l'ancre devant Québec battent pavillon anglais.

L´arrivée en rade de Québec d´une escadre de plusieurs vaisseaux de guerre britanniques forcèrent le Chevalier de Lévis à  abandonner son entreprise, il décida de retraiter et retourner au fort Jacques-Cartier et d´en faire une place forte. Les soldats français et miliciens canadiens se replient sur Montréal.

Les Anglais ayant le champ libre, à  l´été 1760, ils contournent le fort Jacques-Cartier pour aller à  Montréal et demander sa capitulation.

Le 6 septembre 1760, l´état-major de M. de Vaudreuil ayant adopté les articles de la capitulation, M. de Lévis lui présenta un mémoire succinct, où il suggérait de rejeter les articles où le général Amherst exigeait que les huit bataillons français se constitueraient prisonniers sur parole de ne point porter les armes, même en Europe, durant la guerre ; Lévis lui demandait la liberté de se retirer avec les troupes dans l´»le Sainte-Hélène pour y soutenir l´honneur des armes du roi de France.

Le marquis de Vaudreuil répondit qu´il agréait comme avantageuses les conditions proposées par le général anglais et qu´il ordonnait à  M. de Lévis de se conformer à  la présente capitulation et aux troupes de mettre bas les armes le 8 septembre 1760.

è la réception de cet ordre formel, le chevalier donna instruction aux différents régiments de brûler leurs drapeaux ; il note le fait dans son Journal des Campagnes. Ce ne fut pas seulement dans l´»le Sainte-Hélène, où il n´y avait que 400 hommes, mais dans l´»le de Montréal où les bataillons étaient dispersés. Malgré l'avis des militaires, le gouverneur Vaudreuil signa l'acte de capitulation.

Le 10 septembre 1760, la capitulation du personnel militaire du Fort Jacques-Cartier survint après un combat sanglant. Il faut souligner que c´est la dernière place forte française à  capituler.

La capitulation fut signée par le lieutenant Marquis d´Albergatti Vezza au nom des 150 miliciens français qui composaient la garnison du fort. C´est le Colonel Fraser des troupes anglaises qui signa l´acte de la capitulation.

è la cour du roi Louis XV, le sort de la colonie est presque réglé. Il ne reste plus qu'un seul espoir : les négociations de paix du Traité de Paris en 1763.
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