FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE LA GUERRE... / UNE coïncidence

Des efforts ont été faits en France parce que des représentants des colonies françaises se sont levés pour commander le respect de leurs droits.

Chez les membres des colonies du Commonwealth britannique, peu de choses semble exister.

Il faut assumer une responsabilité à cet égard et il est temps de dire - haut et fort - qu'il faut « reconnaître » ce qui a existé et qui existe.

LA MÉMOIRE EST UN DEVOIR

FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE LA GUERRE... / UNE coïncidence

Messagepar admin sur 16 Mai 2008 14:05

De : "Robert Bertrand" <robert.bertrand.que@...>
Date : SAM 10, DÉC 2005 0:03
Objet : fondation pour la mémoire de la guerre ... / Une coïncidence

Mémoire coloniale : le scénario de sortie de crise

LE MONDE | 08.12.05 | 14h39 ï Mis à  jour le 09.12.05 | 13h16

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 845,0.html

C'est ce qui s'appelle payer cash", commente un conseiller de Jean-Louis Debré, après l'annonce par Nicolas Sarkozy du report du déplacement qu'il devait effectuer en Martinique et en Guadeloupe, jeudi 8 et vendredi 9 décembre.

Cette fois, pourtant, la remarque ne s'adresse pas au ministre de l'intérieur, auquel le président de l'Assemblée nationale s'oppose fréquemment. Elle vise avant tout la "boulette" qu'a constituée, dans un premier temps, l'adoption d'un sous-amendement présenté par le député (UMP) du Nord Christian Vanneste au projet de loi sur la reconnaissance de la nation envers les rapatriés mentionnant "le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord". Et, surtout, après que la polémique a pris de l'ampleur, le rejet par l'UMP, le 29 novembre, de la proposition de loi déposée par le PS visant à  abroger ce qui est devenu l'article 4 de la loi du 23 février 2005.

Problème, à  présent, comment sortir de la nasse ? D'abord, tenter d'apaiser. Jeudi matin, sur France Inter, Dominique de Villepin a apporté sa note :

"Il n'y a pas une mémoire française, mais des mémoires. Certaines sont à  vif, écorchées, souffrantes. (...) Il y a la mémoire de ceux qui ont été jetés dans l'antre des galions."

Comme le ministre de l'outre-mer, François Baroin, l'avait fait la veille, ou M. Debré lui-même, il a réaffirmé que "ce n'est pas au Parlement d'écrire l'histoire, ce n'est pas son rôle". Toute la garde chiraquienne est mobilisée.

C'est désormais au rapporteur du texte de loi, Christian Kert (UMP, Bouches-du-Rhône), que revient de concrétiser le scénario de "sortie de crise".

Le ministre délégué aux anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, se voit prié d'accélérer la publication du décret d'application de l'article 3 de la loi du 23 février qui prévoit la création d'une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, et des combats du Maroc et de Tunisie.

Il devrait être rédigé de manière à  ce que la recherche sur les programmes scolaires et universitaires entre dans ses missions. Dès lors, le rapporteur pourra déposer un texte, sous forme de proposition de loi, faisant référence à  cette fondation, qui rendra caduque l'application de l'article 4.

A Bernard Accoyer d'y mettre bon ordre. Montré du doigt, le président du groupe UMP de l'Assemblée se voit reprocher de ne pas avoir su résister à  la pression des "ultras". Alors que l'Elysée souhaitait en effet "corriger l'erreur" lors de l'examen du texte du PS, les députés du Midi étaient montés au créneau, expliquant que tout retour en arrière aurait pour effet de "se mettre à  dos les rapatriés".

Ayant obtenu gain de cause, ces élus ont combattu sans ménagement la proposition socialiste (Le Monde du 30 novembre et du 1er décembre). Depuis, les protestations se sont multipliées, jusqu'à  la constitution d'un collectif d'élus et d'associations appelant à  manifester à  l'arrivée du ministre de l'intérieur en Martinique. Ce dernier a alors préféré renoncer à  sa visite.

Reste que l'annulation du voyage de M. Sarkozy aux Antilles, le premier d'un ministre de l'intérieur depuis 1982, est un revers pour ce dernier. Le voilà  de nouveau affublé des habits du ministre provocateur et droitier.

Une partie des collectifs antillais lui reprochait autant ses propos sur les jeunes des banlieues Û qu'il promettait de "nettoyer au Karcher" et "débarrasser de la racaille" Û que l'article de loi sur le "rôle positif de la présence française" dans les colonies, qu'il n'a pas su empêcher. Dans son entourage, on tentait, mercredi, de minimiser son rôle.

"Il n'a rien dit sur cette affaire, il a au contraire essayé de calmer le jeu", plaidait un de ses conseillers.

Néanmoins, ces manifestations d'hostilité constituent un signal inquiétant pour un candidat annoncé à  la présidentielle. Son renoncement est aussi exploité.

"C'est une capitulation", se réjouissait Christiane Taubira, députée (app. PS) de la Guyane, mercredi à  l'Assemblée. "Il a la monnaie de sa pièce, commentait Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS. Sarkozy, malgré la complaisance dont il bénéficie, commence à  faire peur."

Aussi l'entourage du ministre de l'intérieur réfléchit-il à  l'organisation de plusieurs déplacements en province dans les jours qui viennent pour faire taire les polémiques.

Ses conseillers, de plus, estiment que ce contretemps doit plus à  la situation politique dans les Antilles qu'à  l'image et à  l'action du ministre en métropole. En confidence, l'un d'eux souligne la déliquescence du système chiraquien dans les DOM-TOM.

"On ne peut plus s'appuyer sur une force politique puissante", regrette-t-il. Ironie du sort : ce sont pourtant les chiraquiens qui sont à  la manoeuvre pour sortir le président de l'UMP de ce mauvais pas.

Philippe Ridet et Patrick Roger

Article paru dans l'édition du 09.12.05

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 845,0.html
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