ANALYSTES ET MILITAIRES, même combat?

Qui sollicitent les chefs de gouvernements à l'envoie de leurs troupes sur différents combats ?

ANALYSTES ET MILITAIRES, même combat?

Messagepar admin sur 01 Juin 2008 14:22

ANALYSTES ET MILITAIRES, même combat?

André Duchesne / La Presse

http://www.cyberpresse.ca/article/20080 ... ACTUALITES

Les analystes militaires sont en demande dans les médias. Mission en Afghanistan, terrorisme, achats d'équipements: leurs commentaires sont sollicités et largement diffusés.

Mais ont-ils toute l'indépendance voulue lorsqu'ils expriment leur point de vue sur le travail du ministère de la Défense nationale?

Les avis sont partagés.

Créée en 1932, la Conférence des associations de la défense (CAD) se définit comme un organisme non partisan et indépendant.

Mais d'un autre côté, un de ses objectifs est d'«aider le gouvernement canadien à  présenter des problèmes à  la population canadienne».

Un autre est de «promouvoir l'efficience et le bien-être des Forces canadiennes».

Son site Internet diffuse des photos fournies par... le ministère de la Défense.

Le 19 mars 2007, la CAD a reçu une subvention de 500 000$ étalée sur cinq ans du ministère de la Défense nationale (MDN). Or, cet octroi est conditionnel à  plusieurs critères, comme celui d'accorder un nombre minimal d'entrevues aux médias. De plus, ses dirigeants doivent publier chaque année un minimum d'articles d'opinions (op-ed) dans les médias.

Cette situation a soulevé plusieurs critiques au cours des derniers mois. Il y a deux semaines, le NPD a vivement dénoncé les conditions rattachées à  la subvention. La critique de ce parti en matière de Défense, Dawn Black, estimait que ces conditions permettent au gouvernement Harper d'élargir l'appui de l'opinion publique à  la mission en Afghanistan.

Principal dirigeant de la CAD, le colonel à  la retraite Alain Pellerin rejette les accusations de partisanerie et se dit indépendant d'esprit.

«àƒÆ’‡a ne m'a jamais empêché de dire ce que j'ai à  dire, déclare-t-il.

Lorsqu'il nous a remis cette subvention, le ministre Gordon O'Connor nous a dit qu'il ne s'attendait pas à  des faveurs, qu'il acceptait la critique. Il n'y a pas de carcan, pas de conditions à  cet octroi.»

M. Pellerin ajoute que ce financement existe, sous une forme ou une autre, depuis la fondation de la CAD. Ainsi, entre 2001 et 2006 sous les libéraux, l'organisme recevait 75 000$ par an. «Et sous le gouvernement libéral, nous avons sévèrement critiqué le ministère de la Défense nationale quant au sous-financement de l'armée», fait-il valoir. Quant aux obligations de résultat, elles sont antérieures à  l'arrivée du gouvernement Harper, dit l'ancien militaire.

Propagande?

Lui aussi colonel à  la retraite, l'avocat Michel Drapeau croit que la CAD manque de neutralité. [/color[color=darkblue]]«C'est une association de relations publiques pour le ministère de la Défense», lance-t-il.

Me Drapeau se questionne aussi sur les voyages aux frais du MND auxquels participent différents experts et analystes militaires à  travers le pays.

«Il y a environ un an, le Ministère m'a invité de façon répétée à  aller faire une visite en Afghanistan. J'ai toujours dit non. Beaucoup de gens se rendent sur place. J'ai décliné l'offre, pour des raisons d'affaires. Je n'ai pas le temps de prendre une semaine pour aller là -bas et revenir. Je n'en ai pas non plus besoin pour avoir une opinion stratégique de ce qui se passe et de ce qui devrait se passer.»

L'ancien lieutenant-colonel Rémi Landry est allé à  Kaboul en 2004 aux frais du MDN. Il estime que cela ne l'empêche pas de formuler une opinion indépendante. «Si je veux parler avec une certaine rigueur et une certaine objectivité, la première des choses que je dois faire est de me maintenir au courant de ce qui se passe. Et ça, je ne peux pas le faire strictement de chez nous, affirme-t-il. Je suis pour l'institution. Je ne suis pas anti-militaire. Mais ça ne m'empêche pas, avec mon bagage académique, de regarder les choses avec un oeil critique, un oeil objectif.»

Dans une lettre publiée le 21 février dernier dans le Globe and Mail, le professeur Amir Attaran, de l'Université d'Ottawa, accusait la CAD de propagande.

Il ironisait entre autres au sujet de l'assemblée annuelle de la CAD, où seules des têtes dirigeantes du gouvernement et de la Défense, dont le premier ministre Harper et le général Hillier, étaient invitées comme conférenciers. «Pour une organisation qui se dit non partisane, il est curieux de constater qu'aucun politicien de l'opposition ne prendra la parole», écrivait-il.

Recherche universitaire

Dans sa lettre, M. Attaran s'en prenait aussi au Forum sur la sécurité et la défense (FSD), une branche du MDN qui verse annuellement des centaines de milliers de dollars en subventions à  des instituts, chaires et centres de recherche universitaires voués aux questions de défense et de sécurité. Selon lui, il émane bien peu ou pas du tout d'esprit critique de ces organismes à  l'égard des politiques du MDN.

Plusieurs bénéficiaires ont répliqué au professeur Attaran qu'il était lui-même titulaire d'une chaire subventionnée par des fonds publics fédéraux. Du même souffle, ils nient être influencés et influençables.

«Nous ne sommes pas les meneuses de claques du MDN», se défend David Bercuson, directeur du Centre for Military and Strategic Studies de l'Université de Calgary, un des organismes subventionnés par le FSD. «L'an dernier, nous avons sévèrement critiqué certains choix du gouvernement Harper. Nos membres comptent des gens d'allégeance libérale et conservatrice.»

Mais M. Bercuson appuie aussi des positions fédérales. Comme la mission en Afghanistan.

Dans un article intitulé «No Canadian guns, no Afghan reconstruction», publié dans le Globe and Mail en avril dernier, il évoquait le dur labeur de plusieurs dizaines de travailleurs afghans à  reconstruire une route sous la protection des soldats canadiens. «Leur détermination à  construire une route est puissante, peut-être irrésistible, pourvu que les Canadiens soient là », lançait-il.

Pas de fonds privés

Un des problèmes au Canada, dit Jocelyn Coulon, candidat libéral défait aux élections partielles dans Outremont, est que les sources de financement privées et indépendantes sont très rares. «Tout le monde va au même endroit, le gouvernement fédéral, pour des subventions de recherche, dit-il. Il n'y a pas, comme aux États-Unis, de fondations privées.»

Directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, organisme subventionné par le ministère des Affaires étrangères, M. Coulon accepterait de voyager aux frais de la Défense nationale si l'occasion se présentait. «Je ne vois pas le problème si on le déclare et si on conserve une distance critique.»

Professeur de sciences politiques et spécialiste en économie militaire, Yves Bélanger a été sollicité par le passé afin de recevoir du financement du MDN pour ses recherches. Il a toujours refusé. «Je me suis donné, il y a de nombreuses années, une ligne de conduite qui est de n'accepter aucune subvention du MDN, aucune forme de rétribution directe ou indirecte, indique-t-il. Je n'ai jamais accepté non plus de participer à  des voyages.»

Il dit ne pas vouloir lancer la pierre à  ses collègues, dont les champs d'expertise dépassent le cadre unique du MDN. D'autant plus qu'il est difficile de financer la recherche, reconnaît-il. «Moi, le ministère de la Défense, c'est mon objet d'études. Donc, je ne peux pas accepter de l'argent qui vient de mon objet d'étude. Je serais dans une situation de conflit d'intérêts plus manifeste que mes collègues. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours gardé une certaine distance. àƒÆ’‡a pourrait devenir extrêmement gênant si j'acceptais de l'argent du MDN.»

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Robert Bertrand[/b]
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