LES OUBLIÉS DE L'AFGHANISTAN

Un site de combats. Le soldat qui s'enrôle veut travailler sur divers fronts. Faut-il encore d'autres morts et combien de temps ?

LES OUBLIÉS DE L'AFGHANISTAN

Messagepar admin sur 14 Juin 2008 22:41

Anne-Marie Jobin n´en peut plus de recevoir des félicitations. Tous les jours, des proches ou de vagues connaissances lui témoignent leur soulagement de savoir son conjoint militaire revenu sain et sauf d´Afghanistan.

Mais voilà , il n´est pas encore revenu. Il reste encore plus de quatre mois à  sa mission. Et Anne-Marie Jobin, comme une centaine de familles de Québécois encore à  Kandahar, se sent abandonnée.

Le caporal-chef Serge Poirier est parti le 24 février, loin des caméras de télévision et du regard de la presse. Seules les familles des 85 membres de l´escadron D du 12e Régiment blindé du Canada (RBC) ont assisté à  leur départ.

«On savait que les médias n´allaient pas être là . On nous avait expliqué que ça n´allait pas être très médiatisé étant donné qu´ils partaient avec les (soldats) de l´Alberta», relate Anne-Marie Jobin.

Sur le coup, elle en a été soulagée. Elle n´avait pas envie de voir ses larmes abreuver les bulletins de nouvelles du soir. Mais avec le temps, le silence autour de la présence de son mari en Afghanistan a fini par peser lourd.

Peu à  peu, les avions remplis de militaires de retour d´Afghanistan ont fait les manchettes. Mais ce qui passait sous silence, c´était que ces mêmes appareils allaient porter les remplaçants, dont la centaine de Québécois.

Lorsque le brigadier général Guy Laroche s´est posé à  Québec le 19 mai avec le «dernier groupe de soldats de Valcartier», c´est comme si la province avait poussé un soupir de soulagement collectif.

«Il n´y a pas une semaine où je n´entends pas que je suis chanceuse, que je dois être heureuse que ce soit fini», explique la femme, qui travaille dans un centre de conditionnement physique de Val-Bélair.

Même un collègue militaire basé en Nouvelle-Écosse a écrit à  Serge Poirier pour le féliciter.

«Bon retour mon homme, je suis content que tu sois revenu», peut-on lire dans le courriel que seule Mme Jobin a lu.

«Tout le temps se défendre, tout le temps expliquer, ça devient lourd», confie-t-elle aujourd´hui. Surtout quand les interrogations viennent des enfants mêmes de son conjoint, qui ne comprennent pas pourquoi «les autres papas sont revenus, mais pas le leur».

Silence angoissant

Le Soleil, Steve Deschênes

Depuis le retour du brigadier général Laroche, c´est comme si la guerre en Afghanistan n´existait plus, note Mme Jobin. Que le travail de son conjoint n´avait plus d´importance.

Un professeur d´une école lui a même confié s´être fait refuser comme projet de fin d´année pour ses élèves d´envoyer des lettres d´encouragement aux soldats déployés en Afghanistan.

«On lui a expliqué que c´était fini, que ça ne servait plus à  rien.»

Ce silence est d´autant plus difficile à  vivre que son conjoint appelle rarement. Membre d´un escadron de reconnaissance, il patrouille constamment la frontière pakistanaise, porte d´entrée des combattants talibans en Afghanistan.

En rétrospective, les reportages alarmistes sur les dangers encourus à  Kandahar manquent presque maintenant à  Anne-Marie Jobin.

«Je comprends qu´ils ne sont pas beaucoup, mais ils font le même travail. On en a tellement entendu parler et on a tellement lu là -dessus que c´en devenait rassurant.»

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Le lundi 09 juin 2008

Les oubliés de l´Afghanistan

http://www.cyberpresse.ca/article/20080 ... ACTUALITES

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Robert Bertrand
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